2 juillet 2007

La voix de son maître



On commence à parler ces dernières années de la fin proche- et problable- du compact-disc. Cela alors même qu'il est apparu récemment, en 1983, à peine plus de vingt ans.
Selon certaines études américaines, le compact-disc sera complètement éclipsé par les sites de vente de musique en ligne dans un avenir proche.
On prévoit par exemple qu'en 2008 les ventes de musique numérique en ligne représenteront un tiers du marché aux Etats-Unis et près de 20% en Europe, pour un chiffre d'affaires total de plusieurs milliards de dollars.

"Fort de ce constat", comme dirait l'autre, pourrons nous encore lire un CD dans 50 ou 60 ans? Difficile de répondre...

En revanche, on peut encore lire un disque 78 tours même 60 ans après...
J'ai en effet retrouvé dans mes affaires un phonographe valise "la voix de son maître"
(his master's voice) de 1929.
Pour les puristes, il s'agit du "HMV 101 early model".
(cliquez sur les photos pour agrandir)






Malgré son âge vénérable cet appareil est en parfait état cosmétique comme mécanique. Il suffit de remonter le mécanisme à l'aide d'une manivelle pour pourvoir écouter un disque.
Surprenant! Surtout à notre époque où sans piles et sans batteries nous ne sommes pas grand chose....
Bref, un I-Pod 78 tours en quelque sorte, le charme en plus...






Les disques 78 tours sont particulièrement résistants et paradoxalement très cassants (le vinyle n'existait pas encore), la tête de lecture (200/300 g) est prolongée par une aiguille que l'on doit changer à chaque lecture.
Une aiguille fine donnera un son léger, une aiguille plus épaisse, un son plus fort. Il suffisait d'y penser...



La tête de lecture composée d'une membrane en mika,
prolongée de son aiguille.


Pour se rendre compte de la sonorité mais aussi des oeuvres que l'on écoutait à l'époque en 78 tours, petite séléction de disques, lus par cet appareil, et enregistrés par mes soins.
C'est l'époque des hommes à moustaches, sapés comme des milords, des chansons d'amour désuètes, un peu nigaudes, le tout sur un fond de musique jazzy ou de Fox-Trot.
Bref un autre monde...






Le grand café/Charles Trenet
















La vie en rose/Edith Piaf















Truckin'/Fats Waller















Fleur Bleue/Charles Trenet















After you've gone/Django Reinhardt















Le vieux château/Jean Nohain















Un refrain courait dans la rue/Piaf















12th street rag/Fats Waller















Whose honey are you?/Fats Waller















Je chante/Charles Trenet













La qualité sonore est très variable d'un disque à l'autre, l'aiguille si elle n'est pas changée à chaque passage finit par être trop affutée et donc burine à l'excès les sillons du disque.
En outre, le gramophone de voyage présente un "désavantage", c'est son poids!
On doit atteindre une bonne dizaine de kilos!
Mais quand on aime...






©JBH

2 commentaires:

JL a dit…

Ta dernière découverte m'enthousiasme (plus encore que la précédente ;-))
Je suis épaté qu'un tel appareil puisse encore fonctionner aujourd'hui. Mais où trouves-tu les aiguilles que tu dois changer ? Ca doit être un sacré pied d'écouter les disques ainsi. Merci pour les extraits que tu as mis en ligne.

Jean-baptiste Huet a dit…

J'en possède encore un petit stock. On arrive en plus à en trouver dans certaines brocantes ou sur des sites de vente aux enchères.
Je te le confirme, c'est vraiment- sympa de pouvoir écouter des disques avec ;-)