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La Note du Lundi d'ArèsVentures -- No. 61 du 1er février 2010 [Modalités et raison d'être tout à la fin.] [Chroniques précédents à : http://www.aresventures.com/Site_Ares_Ventures/Blog/Blog.html ou, plus court : tinyurl.com/blog-ndl]
Dans ces Notes du Lundi, je vous emmène dans les coulisses du capital risque de
---------------------------------- Steve Jobs, messie de la presse écrite ? L'idée n'est pas mienne : elle faisait le titre d'un article du Nouvel Obs
Il faudra aussi que la presse s'aide, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui. Essayez de vous abonner en ligne à certains quotidiens et magazines et comparez avec Amazon ou iTunes... Pardonnez-moi, mais on se croirait au bon temps de l'Allemagne de l'Est. Conséquence de l'annonce de l'iPad, je reçois un appel téléphonique puis un courriel d'un hebdomadaire français : 'Nous ne savons pas qui contacter chez Apple pour un partenariat, une édition électronique sur iPad.
Pouvez-vous nous aider ?' Je sonde un ami qui, obligeamment, me fait savoir qu'il cherche la bonne filière. Et je finis surtout par me réveiller : point n'est besoin de contact, inutile de demander audience au Grand Timonier ou à un de ses séides. Tout est prêt, là, sous la main ! Le magazine en question n'a pas besoin de baiser quelque anneau que ce soit : l'iPad, iTunes et l'App Store (la bibliothèque d'applications pour iPhones et maintenant iPad) sont disponibles.
Expliquons-nous. Vous engagez un programmeur, voire prenez une licence d'une application ''blanche'', à mettre à vos mesures. L'idée est de diffuser une application iPad gratuite qui présente le sommaire de la semaine, quelques amorces d'articles un peu piquants, la photo choc du jour...
Vous voyez l'idée. Depuis l'été dernier, la plateforme logicielle iPhone/iPad permet de faire des achats depuis l'intérieur de l'application, sans sortir de cette application pour aller à un site d'e-commerce, sans dégainer sa carte de crédit. Votre compte iTunes suffit. Dans le cas de notre magazine, je peux donc acheter le numéro de la semaine, clic, mon mot de passe iTunes et le numéro apparaît sur mon iPad. Certains objecteront que cela revient à ''abandonner'' 30% du prix de vente à Apple. Mon dieu ! Disons 2? Pour la version électronique, moins 30% pour Apple, reste 1,4?. C'est incomparablement plus que ce qui reste au bout de la ''filière carbone'' d'aujourd'hui : imprimerie, distribution, pollution. Et, sur l'écran séduisant de l'iPad, avec un utilisateur connu, la publicité est plus efficace, plus rentable pour le magazine.
Certes, il faudra au moins transcrire le magazine en PDF ou au format EPUB, un standard ouvert choisi par Apple, après Sony et d'autres, pour ses livres électroniques. Cet aggiornamento n'est pas facile : il revient à penser, sentir, faire en sorte que le magazine ou le quotidien électroniques soient au centre de l'effort de conception et de réalisation, et que le papier devienne un sous-produit.
Aujourd'hui, c'est l'inverse. Jetez un coup d'oeil ici
À la présentation de l'iPad à San Francisco, le New York Times montrait une maquette de son application iPad :
C'est oublier que sans iTunes ce serait la piraterie incontrôlée, ce serait passer sous silence que les sites comme celui de Sony Music, pourtant pas dénué de contenu, ont été des échecs cuisants, montrant que ce que fait iTunes est faussement simple. On verra donc des tentatives de sites de groupes
Comme aime à se moquer un de mes ingénieurs : c'est plus cher mais, rassurez-vous, c'est moins bien. Autrement dit, les magazines et quotidiens vont ils échanger le quasi-monopole de la distribution physique d'aujourd'hui pour un autre, électronique celui-là ? Ce n'est bien sûr pas souhaitable et, dans mon rôle d'investisseur, j'aimerais bien trouver l'occasion d'investir dans un pôle de distribution de contenu, moins gigantesque, plus spécialisé.
Toujours dans l'ordre de l'investissement, je crois que l'iPad va faire éclore et fleurir des éditeurs indépendants, pour des produits spécialisés, agiles : manuels, tours de main, études, feuilletons, guides, petits secrets et autres *tip sheets*, bons tuyaux. Pour en revenir à notre magazine, Steve Jobs n'est pas le messie, mais l'iPad (n'oublions pas ses concurrents à venir) est *un* bon outil pour enfin monétiser sa version électronique.